Jeûner pour décupler ses performances physiques: que se passe-t-il dans notre corps?

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Courir demande énormément d’énergie au corps, je ne vous apprends rien. C’est une activité physique à part entière qui mobilise tout un tas de mécanismes complexes dans le corps. Ceux-là mêmes qui nous font avoir cette endurance et cette résistance à l’effort. Et pourtant, nombreux sont les sportifs qui de plus en plus s’entrainent et participent aux compétitions à jeun, le ventre vide. Quelle folie me direz-vous. Il y a beaucoup d’idées reçues autour du sport et de l’alimentation. Et l’une d’entre elles est incontestablement la suivante: il faut beaucoup manger pour avoir de l’énergie pendant l’effort. Découvrez dans cet article 5 raisons physiologiques qui vont à l’encontre de cette idée reçue et qui montre comment le jeûne décuple nos performances physiques pendant l’effort.

 

Raison n°1:  l’absence de digestion augmente l’énergie pendant l’effort

Icône d'un estomac

Lorsque l’on jeûne, le corps rentre dans ce qu’on appelle le repos métabolique.

Aucun aliment (ni même parfois aucun liquide) ne passe par le tube digestif. Ce qui a pour effet de supprimer toute activité digestive due par nos prises alimentaires, si minimes soient-elles.

Ce qu’il faut bien comprendre à la base, c’est que la digestion fait partie de la priorité n°1 de votre organisme.

Dès qu’un aliment rentre dans votre bouche, tout votre corps est concentré sur le processus digestif. Notamment l’afflux sanguin qui se dirige vers l’estomac. Donc si une grande quantité de votre sang se concentre au niveau de l’estomac, c’est qu’il ne peut pas se concentrer ailleurs.

Pour optimiser son activité sportive, notre corps a besoin d’une grande quantité de sang au niveau de l’ensemble de nos muscles.

Si nous mangeons avant l’effort, nos performances sportives ne pourront pas être à leur maximum, cela est une évidence.

S’il n’y a rien à digérer, le corps n’est donc pas alourdi par le digestion. Il a plus d’énergie à fournir pour la mobilité et l’exercice physique.

Vous êtes sceptiques? Expérimentez… Qu’est-ce que cela vous coûte sinon quelques secondes de moins sur votre chrono le temps que votre corps s’adapte à cette nouvelle situation.

 

Les lecteurs de cet article ont également lu: 6 leçons de mon jeûne technologique

 

Allez-y progressivement…

Si vous ne vous sentez pas de courir le ventre vide tout de suite, commencez par diminuer votre prise alimentaire juste avant. Puis allégez-la en consommant principalement des fruits, des oléagineux et des légumes avant l’effort.

Puis, petit à petit, essayez de ne rien manger avant… Vous verrez, une sensation de légèreté et de confort digestif s’emparera de vous… Beaucoup deviennent addicts à cette sensation…

Icône respect

Raison n°2: la production d’adrénaline et noradrénaline est décuplée

Lorsque nous privons notre corps de nourriture (et même d’eau!), il se retrouve en alerte.

Nos sens s’aiguisent, notre vue s’améliore, notre odorat s’affine

En effet, étant donné qu’il y a privation de nourriture, le corps, cette création parfaite, va tout mettre en place pour avoir l’énergie nécessaire dans la recherche de nourriture.

On pense souvent que le fait de ne pas manger toute la journée pourrait nous plonger dans un état de faiblesse avec une incapacité à bouger.

Mais c’est tout le contraire qui se produit.

Notre organisme va produire 2 neurotransmetteurs en particulier qui vont nous donner la force et l’énergie de chercher de quoi nous nourrir: l’adrénaline et la noradrénaline.

Résultat: le métabolisme augmente, le sang circule plus rapidement dans le corps, nos sens sont développés.

Nous sommes au maximum de nos capacités.

Bien sûr, cet état ne dure au maximum que quelques heures (entre 24 et 36h).

Mais imaginez-vous faire une activité physique dans les 10 ou 12 premières heures de cet état de d’optimisation du corps: vos performances en seraient probablement décuplées, vous ne pensez pas?

De plus, durant cette période de jeûne, d’autres mécanismes se mettent en place pour optimiser la recherche de nourriture:

  • Amélioration de la synthèse protéique, c’est-à-dire que vos muscles se reconstruisent plus facilement. C’est le phénomène anabolisant du jeûne.
  • Production d’hormones de croissance pour renouveler les cellules faibles et les remplacer par des neuves. En effet, ce n’est pas le moment d’avoir des éléments faibles qui pourraient nuire à la recherche de nourriture. Ainsi, le corps va automatiquement les éliminer de l’organisme pour les remplacer par des cellules en bonne santé, prêtes à fonctionner au maximum de leurs capacités.
  • Augmentation production de BDNF: facteur de croissance neuro-trophique qui va permettre d’augmenter les connexions neuronales et ainsi affiner nos sens et nous rendre plus lucides.

Icône d'un compteur qui augmente

Raison n°3: augmentation du métabolisme

On pense à tord que le fait de se priver de nourriture va nous rendre faibles, incapables d’accomplir la moindre activité sportive.

“L’hypoglycémie” certains diront, mais que nenni…

Beaucoup de sportifs témoignent de symptômes de faiblesse les premières fois qu’ils s’entraînent à jeun mais ce n’est pas pour les raisons que l’on croit.

Ces symptômes de faiblesse ne sont pas dus à une baisse de métabolisme mais au nettoyage des toxines dans le corps.

En effet, le fait de jeûner va permettre au corps de se nettoyer. Et souvent, le nettoyage, surtout si cela fait 10 ou 15 ans qu’il n’a pas été fait, eh bien, ça fatigue.

Par contre, une fois le nettoyage terminé, et que vous vous êtes habitués à pratiquer une activité physique à jeun, ce n’est plus la même histoire…

Votre métabolisme augmente (comme nous l’avons vu plus haut), et votre capacité physique est décuplé, vos performances s’améliorent.

Ainsi, ce n’est pas le jeûne, mais bien les multiples petits repas par jour qui ralentissent le métabolisme. Le corps passant ainsi sa journée à digérer.

Raison n°4: Le jeûne permet la détoxination de l’organisme et optimise l’assimilation des aliments

 

Photo d'une douche

Nous venons de le voir, jeûner est un nettoyage du corps.

Toutes les toxines accumulées pendant toutes ces années vont gentiment être raccompagnées vers les différentes portes de sortie du corps (côlon, poumons, reins et peau).

Qui dit élimination des toxines, dit libération d’énormément d’énergie pour faire autre chose que traiter les déchets.

Quand on fait le grand ménage de printemps dans notre maison, on se sent tout de suite mieux après, non?

Le jeûne va également permettre d’optimiser la prise alimentaire après l’effort.

En effet, le corps a été privé de nourriture, il est en état d’alerte général. Il saisira donc la plus petite miette de nourriture pour nourrir ses cellules qui crient famine.

Jeûner quelques heures par jour suffit pour améliorer l’assimilation des nutriments.

Par exemple: vous avez mangé la veille au soir. Vous dormez. Puis en vous levant, vous allez directement faire votre sport, sans manger (ni boire (!) pour les expérimentés). Au retour du sport, vous vous détendez, et là vous mangez. Et bien, votre capacité d’assimilation sera optimale car votre organisme est en attente de nourriture. Et il le sera encore plus si vous prolongez davantage la durée du jeûne après votre séance de sport.

Buvez un bon jus de légumes et de fruits tout de suite après. Puis essayez de prolonger votre jeûne jusqu’au repas du midi par exemple (et pourquoi pas ?).

Pour pleins de recettes de jus, tous plus savoureux les uns que les autres et qui vont participer à nourrir vos cellules de manière optimale, cliquez ici.

Petite précision pour la rupture du jeûne:

On entend souvent que quand on fait du sport, on mange ce que l’on veut car on brûle beaucoup.

Certes, un sportif brûle beaucoup de calories mais:

Pensez bien que si l’on brûle du plastique, ce sera beaucoup plus toxique que si on brûle du bois.

C’est la même chose avec notre corps: si on consomme beaucoup d’aliments industriels ou de produits inadaptés à notre organisme, on va les éliminer par le sport mais il restera beaucoup de déchets nocifs qui ne pourront pas être éliminés.

Alors que si on consomme des aliments sains chargés en nutrition, ils seront rapidement assimilés et les déchets vite éliminés.

Raison N°5: l’hormèse

 

Photo d'un poing sur une table

Le phénomène de l’hormèse est essentiel à comprendre lorsque l’on pratique une activité physique notamment.

L’hormèse c’est cette capacité qu’a un organisme vivant à répondre à un stress de faible intensité.

La capacité du corps à se challenger face à un stress adapté en répondant par une amélioration.

Et devinez quoi, ce challenge ou ce stress de faible intensité est bien sûr le jeûne (mais il y en a d’autres).

Et cette réponse favorable à un stress d’intensité faible que l’organisme est capable de supporter, va améliorer le fonctionnement de notre corps et le rendre plus fort.

La privation de nourriture et d’eau est un stress de faible intensité qui va améliorer le fonctionnement du corps et en particulier le fonctionnement de la mitochondrie (noyau de chaque cellule).

En effet, à l’intérieur de la mitochondrie, il y a des enzymes qu’on appelle sirtuines. Ils ont un rôle essentiel dans la régénération cellulaire et dans l’apoptose (c’est-à-dire la mort programmée des cellules).

La mito-hormèse, c’est donc le fonctionnement de la cellule qui va être considérable amélioré en période de jeûne.

De plus, la transcription de notre ADN va également être améliorée en renforçant notre organisme.

Le corps est fait pour être mis au challenge

Il est fait pour supporter des privations de nourriture plus ou moins longues.

Mais le confort de nos vies modernes a tout déséquilibré. On mange tout le temps, notre frigo est toujours plein. On vit dans des environnements tempérés, toujours à la même température, jamais exposé au chaud intense (climatisation) et jamais exposé au froid intense (chauffage).

L’être humain doit être exposer aux éléments extérieurs. Il doit être mis à l’épreuve, selon sa capacité d’adaptation, bien sûr.

Il a été prouvé que le jeûne était le seule facteur non génétique à améliorer la longévité des organismes.

Alors, qu’attendons-nous?

Sortons de notre zone de confort. Mettons-nous au défi.

Mettez vos baskets et allez courir le ventre vide (avec quelques dattes dans la poche les premières fois au cas où).

Expérimentez, testez, devenez plus forts.

Lucie du site Vivons physio-logique

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