FINISHER du marathon de Berlin (à jeun)

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En tant que coureur régulier depuis plusieurs années, je le sais et l’ai souvent entendu: le marathon est une course à part. 42,195 kilomètres ça se respecte. Il faut être humble vis-à-vis de la distance. De plus, un entrainement sérieux et consciencieux est indispensable. J’ai choisi de préparer un marathon autrement. C’est-à-dire un entrainement à ma “sauce”, avec mon expérience. Je souhaitais par dessus tout vous démontrer et me prouver qu’il est possible de courir un marathon en démarrant l’estomac vide. J’ai réussi ! Je suis FINISHER du marathon de Berlin (à jeun).

Médaille finisher du marathon de Berlin 2018
Finisher du Berlin Marathon 2018.

Voici mon compte-rendu

J-1

(je conseille que cette journée soit consacré au repos)

Pour ma part, cela n’a pas été le cas. Mon réveil a sonné à 5h30. Mon avion décollait à 10h00 et, après une demi-heure de retard, est arrivé à destination vers 13h. Je mange un reste de salade de quinoa, de blé et de riz. S’ensuit le retrait du dossard, des dizaines de minutes de métro et, des milliers de pas plus tard, voici arrivé l’heure du dernier repas (pas très sain, pas très végétarien): des currywurst… eh oui, on est à Berlin ! 🙂 Le coucher a lieu vers 21h30.

Totalement conscient que ce n’était pas la journée idéale pour précéder une course, c’était mon choix et je ne le regrette pas. Il est vrai que les plus pointilleux et les meilleurs coureurs mondiaux sont déjà sur place quelques jours avant le départ. Le jour avant la course, ils font le moins de pas possible, le moins de tâches possible. Bref, le moins c’est le mieux. Mais par contre, beaucoup de sommeil !

H-4

Réveil à 5h45. La plupart de mes affaires ont été préparées la veille. Je me rends à la salle “breakfast” de mon hôtel. Plusieurs dizaines coureurs y déjeunent. Il y a un défilé de personnes en habits de course. Ça me met dans l’ambiance. Pour ma part, je rigole un peu (pas beaucoup, hein) quand je vois le contenu (énorme pour certains) de leur assiette à moins de 3 heures du départ. Il faut dire que sans aliment solide, je fais beaucoup plus minimaliste. J’ai seulement une bouteille d’eau de 5 dl accompagné d’une préparation Maurten.

H-2

Je me rends une dernière fois dans ma chambre pour me préparer. Il faut dire que je n’ai pas grand chose à prendre vu que je cours minimaliste et, depuis quelques semaines seulement, sans montre (voir mon défi du jeûne technologique). Habituellement, je compte 1 heure dès que je suis sur place pour l’échauffement et le repérage des zones de départ et d’arrivée… J’ai préféré partir plus tôt cette fois et j’ai bien fait. Je fus surpris (choqué!?) à la sortie de l’hôtel: une foule déjà impressionnante de coureurs se dirige vers la zone de départ… Je fais un petit échauffement de 500 à 1000m de footing léger accompagné de divers petits exercices (tourner les bras, genoux, chevilles, etc etc.). Aucun problème n’est ressenti et je me sens bien… 🙂

H-0.5

Le moment est venu du dernier et traditionnel pipi d’avant départ. Je me dirige vers mon bloc de départ. Plus qu’à attendre le coup de pistolet… (je n’ai pas eu de pression particulière les jours précédents la course, ni même dans les dernières minutes… j’étais simplement heureux de pouvoir être présent, de pouvoir courir, simplement…HEUREUX !)

0 à 7 km –  Facile, à l’aise, zen

Partir à jeun et sans montre. Le défi était de taille. J’ai donc choisi de courir aux sensations et faire confiance à mon corps uniquement ! Mes pensées se confirment: la solution est en nous et il faut écouter son coeur. Au passage de l’horloge du 5e km, le chronomètre indiquait 20:14, 2 minutes plus lent que ce que j’espérais dans mon idéal. Mais je me suis dit: c’est le début, super, un départ prudent est toujours mieux qu’un départ trop rapide.

Athlète Nike running entrain de courir lors du marathon de Berlin 2018
Berlin marathon après 7 km, tout allait bien.

7 à 21 km – Un peu “lent”, mais toujours à l’aise

Toujours bien régulier, un peu “lent” mais bien à l’aise. Je vois déjà des coureurs qui “dysfonctionnent” (diarrhée, crampes…). Pour ma part, à partir du 7e km, j’ai commencé à sentir tout d’abord mon mollet droit qui se durcissait. Ensuite le mollet gauche qui tiraillait. Vers le 10e km, une douleur au genou gauche. Un mini point à l’estomac… tout s’acharne ! Je visualise positivement tous ces bobos qui disparaissent, qui sortent de mon corps… C’est vers le 18e km que, comme par miracle, j’entre dans ma zone: le flow. Je me sens bien, je me sens mieux. Au passage du 20e km, je remarque que je suis toujours dans le même rythme. Je transpire légèrement alors que certains sont déjà en nage. Je suis à l’aise et profite pleinement de la course, d’admirer la ville, de prendre l’énergie de la foule, de regarder les autres coureurs…

21 à 26 km – C’est parti pour un negativ split?

La moitié est déjà faite ! La course commence maintenant. A ce moment-là, je suis toujours à environ 4’00/km. Un vrai métronome. Je me sens bien et suis content de ma régularité. Étant donné qu’au 21e km je suis 6′ moins rapide que lors de mon premier marathon, je suis très confiant et pense pouvoir faire un negativ split [les 21 derniers km plus rapide que les 21 premier].

J’ai toutefois un gros doute d’approcher mon record. En dessous de 2h45, ça serait super ! Mais je ne me fais pas d’illusion: les 21 premiers kilomètres courus aux sensations ont été plus lents que lors de mon premier marathon. C’est un signe ! Malgré que je sois bien, je ne peux pas aller beaucoup plus vite… Je n’ai donc pas voulu écouter ces “croyances” que m’envoyait mon cerveau… j’étais si bien et si calme entre le 21 et 26e km que j’ai commencé à accélérer (je l’ai remarqué en dépassant des coureurs avec qui j’étais depuis le départ). C’était un moment génial ! Tous les petits bobos avaient disparus. Ma respiration était calme. Le calme avant la tempête…

Mon résultat au marathon de Berlin 2018
Je n’aurai jamais cru pouvoir être aussi régulier en courant sans montre et en écoutant simplement mon coeur !

26 à 39 km – Je crois bien que c’est le MUR !!!

Non, non, noooon ! Boom !!! Mon rythme commence à baisser légèrement (voir ci-dessus dès le 30e km). Je n’ai pas cru au mur. Je respire profondément et pense positif… boom ! Une gêne apparaît au pied gauche… je crois bien que c’est une cloque… Baisse de rythme, cloque… Oui, oui… clairement un manque de sorties longues… Le 26e km est difficile, le 27e aussi… le 28e: c’est quand la fin? J’essaie de faire des calculs, mais c’est compliqué de rester concentré… jusqu’au 39e, c’était LONG, DIFFICILE, horrible… les jambes qui deviennent raides, dures… bref, c’est bien le fameux mur.

C’est drôle, au 24e km, j’avais l’impression d’avoir un deuxième souffle et quelques kilomètres plus tard, d’être un vieux pépé. Mentalement, c’est dur. Je pense même, plus encore avec le recul, que cela a été un des moments les plus difficiles de ma vie… J’ai dû faire preuve d’une résilience phénoménale car je voulais terminer ce marathon…

39 à 42 km – Les plus longues minutes de ma vie?

Finalement pas, j’ai tant souffert les 10 kilomètres précédents que les 3 derniers étaient dans la continuité. Je courais au mental et j’avais juste l’objectif d’en terminer. Pas à pas. Chaque pas me rapproche de mon but. Il faut par ailleurs dire que j’ai récupéré beaucoup d’énergie des encouragements, de la foule et des coureurs qui marchaient… Je ne voulais pas lâcher, je ne voulais pas marcher… J’ai continué, très lentement, de plus en plus lentement, mais je suis allé jusqu’au bout ! Quand on veut on peut… hein !

42 à 42,195 km – Quelle LEÇON !

Une fois la Porte de Brandebourg passée, il ne reste que quelques hectomètres de course. La foule criait ! Un délire total… Si un coureur commençait à marcher, la foule hurlait. Cela me motivait à continuer tant bien que mal… Et comme dit plus haut, j’ai couru aux sensations et sans montre. Au niveau du chrono, je ne savais donc pas où je me situais… au loin, j’aperçois le chronomètre qui affiche 3 heures et quelques minutes… Je suis étonné ! Je pensais avoir perdu plus de temps… mais ce n’est pas ce qui compte, vraiment pas. J’avais prévu, 42 jours plutôt, de préparer un marathon autrement. Mon souhait principal pour ce marathon était de le terminer, prendre un maximum de plaisir et de souvenirs, tout ça le ventre vide. Ce marathon de Berlin aura été un véritable succès personnel et finalement une magnifique LEÇON, riche en enseignements 🙂

! Finisher du marathon de Berlin !

H+2

Ouille ! Déjà de telles douleurs!? Difficile de se relever après avoir été assis, de plier mon genou gauche, de descendre les escaliers… Je serais resté encore des heures sous la douche… Je crains déjà de rester 1h-2h assis dans l’avion et les prochains jours.

J+1

Après un massage et une bonne nuit de sommeil, ça va déjà mieux. J’ai toujours une petite douleur au genou gauche à l’extérieur. Mais les muscles ça va… Attention, c’est toujours le surlendemain que le verdict tombe…

J+2

Wow ! La douleur au genou n’est plus présente et j’ai de légères courbatures. Ces prochains jours, je ne vais pas pour autant minimiser le repos. Je m’interdis de courir. Je suis très content de ma récup. Comme quoi, la solution est en nous 🙂

Ce que je retiens de cette expérience

  • Partir lentement, c’est-à-dire soit aux sensations et s’écouter comme je l’ai fait. Ou pour les adeptes de montre sportive ou connectée, quelques secondes (5″ à 10″) plus lentement que votre rythme moyen d’arrivée prévu
  • Faire plus de sorties longues
  • Ne pas hésiter à courir 25, 28, 30 voir 33 km à jeun plus souvent lors des entraînements de prépa.
  • Je suis CHOQUÉ de n’avoir vu personne durant la course courir sans montre… vraiment personne. Je pense tout de même qu’il y avait d’autres coureurs à courir aux sensations… (après avoir écrit ce point, j’ai regardé bien attentivement les photos du vainqueur du jour Éluid Kipchoge et il ne portait pas de montre non plus)
  • Souvent sujet aux crampes, je n’en ai pas eu: preuve d’une bonne hygiène de vie les semaines précédent le marathon: jeûne, bonne hydratation, plus de fruits et légumes. YES !

Bref, je suis FINISHER du marathon de Berlin (à jeun) ! :))

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